Comment favoriser la fertilité des femmes touchées par le SOPK ?

Accompagnement naturopathique Fertilité : champ de fleurs représentant la douceur et la vitalité féminine"

Introduction

L’une des premières choses qui traversent l’esprit d’une femme diagnostiquée du syndrome des ovaires polykystiques est souvent “ Est-ce que je pourrais avoir des enfants ?”. Cette peur de l’infertilité, voire de la stérilité, est courante et mérite que l’on se penche sur la question. Disons-le tout de suite, il est tout à fait possible d’avoir un (ou plusieurs) enfant lorsque l’on est touchée par le SOPK ! Je vous amène avec moi dans cet article pour comprendre les leviers et les freins de la fertilité avec le SOPK, pour mettre toutes les choses de votre côté ! 

Qu’est-ce que le SOPK ?

Le SOPK – appelé aussi syndrome de Stein-Leventhal ou dystrophie ovarienne – est un trouble hormonal qui touche entre 8 à 13% des femmes en âge de procréer dans le monde. Il s’agit d’un dérèglement hormonal d’origine ovarienne et/ou hypophysaire. Il engendre très souvent un trouble de la production des follicules ovariens : le dérèglement hormonal entraîne un surnombre de follicules qui n’arrivent pas à maturité et qui s’accumulent dans les ovaires. Ce phénomène entraîne une accumulation de follicules dans les ovaires, donnant ainsi l’apparence dite ‘polykystique’. Cependant, il serait plus précis de parler d’aspect ‘multifolliculaire’, car il s’agit en réalité de follicules et non de kystes. »

L’inversion des hormones LH et FSH : 

 On observe fréquemment une inversion du taux de deux hormones hypophysaires, la LH et la FSH qui ont un rôle central sur le bon fonctionnement de notre cycle menstruel. La LH est produite en trop grande quantité tout au long du cycle et est toujours au-dessus du taux de FSH. Ce qui devrait être le contraire chez une femme non touchée par la pathologie. Cela a pour conséquence des troubles de l’ovulation. Pour que celle-ci se déclenche, les ovaires ont besoin d’un pic de production de cette LH. Or, si elle est tout le temps élevée, pas de pic et donc pas d’ovulation. Cela entraîne ainsi l’accumulation de follicules dans les ovaires, dont le plus mature aurait dû être expulsé lors de l’ovulation.

On comprend ainsi que le SOPK est la première cause d’infertilité, mais aussi d’hyperandrogénie chez la femme. Il est souvent associé à de l’insulinorésistance et multiplie par trois le risque de diabète.

Le SOPK est un syndrome complexe qui s’exprimera différemment chez chaque femme, nous retrouvons généralement des caractéristiques communes.

Une femme touchée par le SOPK peut manifester les symptômes suivants, l’ensemble ou certains d’entre eux : 

  • Acné
  • Pilosité excessive
  • Chute de cheveux
  • Cycles irréguliers, voire cycles absents
  • Infertilité
  • Prise de poids inexpliquée
  • Fringales sucrées
  • Fatigue chronique
  • Maux de têtes

Les critères de diagnostic du SOPK en 2024.

Le diagnostic du SOPK comprend en principe trois étapes : 

  • L’analyse des critères de Rotterdam (détaillés ci-dessous)
  • Un test d’insulinorésistance n’est pas obligatoire, mais souvent pratiqué, car de nombreuses des femmes touchées par le SOPK souffrent de résistance à l’insuline. Cela donne généralement du sens à une prise de poids inexpliquée.
  • Le diagnostic d’élimination – indispensable pour éliminer les pistes d’autres pathologies ayant des symptômes similaires au SOPK. Il s’effectue par la mesure de certains marqueurs biologiques au bilan sanguin.

Les critères de Rotterdam

Le réseau international sur le SOPK (International PCOS Network) a mis à jour en 2023 les recommandations de diagnostic.

Une fois le diagnostic d’élimination effectué, la présence de deux des trois critères de Rotterdam suffit à poser le diagnostic de SOPK.

– Cycles irréguliers et/ou sans ovulation

– Ovaires multifolliculaires à l’échographie ou dosage de l’hormone anti-müllérienne élevé (AMH) chez l’adulte. Facultatif en cas de troubles du cycle avec hyperandrogénie.

– Hyperandrogénie clinique (hirsutisme, acné, alopécie androgénique) et/ou biologique (taux sanguin élevé).

L’impact du SOPK sur la fertilité

Une femme touchée par le SOPK peut tout à fait concevoir naturellement. Il arrive que sa fertilité ne soit pas impactée par la pathologie et c’est tant mieux. D’autres femmes vont avoir besoin d’un coup de pouce pour apprendre à gérer leur SOPK et à retrouver un équilibre hormonal favorable à une future grossesse. D’autres encore auront besoin d’être accompagnées par la procréation médicalement assistée (PMA), après des années d’essais infructueux. En somme, chaque situation est différente. 

Rassurer les femmes sur le caractère non systématique des troubles de la fertilité avec le SOPK permet parfois de lever un stress profond quand l’envie d’enfant est là.

Il y a plusieurs aspects pour lesquels le SOPK peut rendre difficile ce projet d’enfant : 

Les cycles irréguliers : Le déséquilibre hormonal, notamment l’inversion de LH et de FSH, rend l’ovulation difficile. Beaucoup de femmes rencontrent des cycles très longs, parfois avec des règles 2 à 3 fois dans l’année. Une femme avec des cycles réguliers aura 12 à 13 “chances” dans l’année de concevoir. Avec deux à trois ovulations dans l’année, les chances sont réduites et rendent le processus parfois très long.

L’observation du cycle est plus complexe : entre les saignements qui ne sont pas des règles, les cycles irréguliers ou absents, le déficit de glaire cervicale, il n’est pas simple de repérer sa phase fertile pour avoir des rapports “au bon moment”.

La résistance à l’insuline : elle concerne environ 75% des femmes atteintes par le SOPK. Elle favorise une circulation plus abondante l’insuline dans la circulation sanguine, que l’on appelle l’hyperinsulinémie. L’insuline agit sur deux hormones hypophysaires, la LH et la FSH, impactant l’ovulation. Ainsi, une surproduction d’insuline va augmenter le taux de LH (rappelons-le, un taux trop élevé empêche le pic nécessaire pour déclencher l’ovulation.) et diminue le taux de FSH.

Les douleurs : un symptôme dont on parle peu, mais bien réel. Les douleurs liées à l’accumulation des follicules dans les ovaires et l’accroissement de la taille des ovaires peuvent être un frein aux rapports sexuels et au bien-être global. La sécheresse vaginale est aussi courante avec le SOPK et peut impacter la qualité des rapports sexuels.

Vous l’aurez compris, le SOPK est une pathologie multifactorielle qui s’exprime de nombreuses manières. Une prise en charge globale s’impose pour maximiser les chances de retrouver un confort de vie et optimiser les chances de concevoir un enfant.

L’hygiène de vie au centre de la prise en charge du SOPK

L’hygiène de vie, au sens où l’entend le praticien de santé, est un ensemble de mesures visant à prévenir le maintien d’un état de santé optimale et l’apparition de maladie. Dans le cas du SOPK, le rôle du praticien est d’accompagner les femmes vers une hygiène de vie adaptée pour les soulager et favoriser la fertilité de celles qui ont un projet d’enfant. Tout est lié. Les symptômes du SOPK sont interdépendants pour la plupart et leurs mécanismes sont complexes. C’est pourquoi il est important d’agir à l’échelle globale, avec douceur, car bouleverser ses habitudes de vie demande du temps et de l’énergie.

 Mais quelles routines adaptées au SOPK ?

On entend souvent tout et son contraire sur ce sujet qui est très alimenté sur les réseaux sociaux. Nombreuses sont les femmes qui se retrouvent devant de mille et un conseils et se retrouvent bloquées par cette masse d’information qui, disons le, dans tous les sens ! 

Je vous propose ici de simplifier un peu les choses avec des conseils généraux qui permettent un grand pas en avant dans l’amélioration de ses cycles et de son SOPK.

L’alimentation : 

S’adapter à soi et à sa situation est le maître-mot ! Le surpoids et l’obésité qui touche beaucoup de femmes atteintes du SOPK sont souvent liés à des troubles du comportement alimentaire. Il est important de se faire accompagner, aussi bien émotionnellement qu’au niveau nutritionnel pour passer un cap et se sentir moins seule !

Prendre soin de sa glycémie : 

Le SOPK favorise un terrain inflammatoire au niveau global. Il est conseillé de privilégier une alimentation anti-inflammatoire de type méditerranéenne afin de limiter l’impact au niveau hormonal. S’il y a des signes de résistance à l’insuline ou que celle-ci est diagnostiquée, une attention particulière devra être portée sur l’index glycémique des aliments.

L’index glycémique ? Il s’agit d’une échelle, de 1 à 100, qui mesure le pic glycémique que va engendrer l’absorption d’un aliment dans l’organisme. Une bonne gestion de la glycémie va limiter l’élévation du taux d’insuline dans le sang. On cherche à favoriser les aliments à index glycémique bas ou modéré dans les repas quotidiens ! 

On sait aussi, qu’en cas d’insulinorésistance, les hormones androgènes comme la testostérone seront plus difficilement converties en hormones féminines, générant les symptômes que l’on connaît du SOPK. C’est ce que l’on appelle l’hyperandrogénie. Un impact de plus sur la fertilité !

En pratique : 

Une prise de poids rapide et inexpliquée, une difficulté à perdre, de la fatigue chronique, de l’hyperphagie ou des fringales sucrées doivent amener à consulter son médecin afin de vérifier la piste de la résistance à l’insuline (qui concerne 75 % des femmes touchées par le SOPK). En parallèle, il est tout à fait pertinent d’essayer de favoriser des aliments à index glycémique bas dans son alimentation dans le but de voir si l’on a des améliorations. De nombreux blogs proposent des recettes avec cette (grande) liste d’aliments bénéfique pour notre métabolisme.

Zoom sur le surpoids et le SOPK : 

Plus de la moitié des femmes touchées par le SOPK seraient également en surpoids. Il y a là une idée à déconstruire : ce n’est pas le surpoids qui entraîne le SOPK, mais le dérèglement hormonal qui crée un terrain favorable à la prise de poids. Sans diagnostic poussé, il est difficile de perdre du poids avec un SOPK, car il est souvent lié à une résistance à l’insuline. Les mesures diététiques adaptées à ce trouble métabolique ne sont pas simples à mettre en place. Il est alors important de se faire accompagner pour, pas à pas, adapter son hygiène de vie ! 

La bonne nouvelle : 

Une amélioration de la sensibilité des cellules à l’insuline permet une perte de poids progressive et la réduction des fringales sucrées. Une perte de 5 à 10 % du poids permet dans la plupart des cas un retour des ovulations et des cycles plus réguliers. 

L’activité physique : 

On entend fréquemment que la pratique sportive a tendance à augmenter la testostérone dans l’organisme, et qu’il faut donc la limiter à des sports doux avec le SOPK. Oublions cette idée reçue, qui concerne les cas extrêmes : le sport est bénéfique en cas de SOPK !

  • Il favorise le retour de cycle régulier.
  • Il soutient une meilleure sensibilité à l’insuline.
  • Il réduit l’inflammation chronique.
  • Il réduit le risque de développement de troubles métaboliques avec l’âge.
  • Il réduit le stress et l’anxiété.
Quel sport avec un SOPK ? Fanny Menou Naturopathe

Et j’en passe ! Le contact avec la nature (une randonnée, de la course à pied en forêt, dans un parc, etc.) aiderait aussi à réduire notre taux de cortisol, l’hormone du stress. 

La gestion du stress et de l’anxiété : 

On sous-estime souvent l’impact du stress quotidien sur notre cycle menstruel. Pourtant, le stress chronique impacte l’équilibre hormonal en profondeur quand il est prolongé. Le cortisol produit en cas de stress chronique impacte la sécrétion de la GnRH, une hormone qui contrôle la production de la LH et FSH. Si son taux est faible, la production de LH et FSH sera faible. Cela aura pour conséquence directe : 

  • Des troubles de l’ovulation
  • Des faibles taux d’œstradiol et de progestérone

Avec un SOPK, on sait que l’équilibre hormonal est fragile. Agir sur son stress, autant que possible (car on le sait, cela peut être loin d’être facile.), va favoriser un bien-être global, une réduction de l’inflammation chronique favorisée par le cortisol, et améliorer la qualité des cycles.

Réduire son stress naturellement : 

Bien sûr, l’idéal est de comprendre la source de son stress pour pouvoir agir directement à la cause. En parallèle, la naturopathie propose un soutien précieux : 

  • Les gemmothérapie de tilleul ou de figuier vont calmer le système nerveux, améliorer le sommeil et la gestion du stress.
  • Les plantes adaptogènes seront utiles pour améliorer la capacité de résistance au stress physique comme émotionnel. Contre-indiquées durant la grossesse, elles seront idéales en amont.
  • La cohérence cardiaque est un outil puissant de gestion du stress par la respiration. De nombreuses applications proposent une aide pour la pratiquer quotidiennement.

Se faire aider : 

Si l’on ressent le besoin de se confier sur ce parcours vers la maternité qui s’éternise, qui est parfois semé d’embûches, sur le quotidien avec le SOPK, il ne faut pas hésiter à se faire aider par un psychologue, spécialisé ou non en périnatalité.

Assainir son environnement : 

On entend beaucoup parler des perturbateurs endocriniens et ce n’est pas pour rien ! Ces molécules capables d’agir ou de mimer l’action de nos hormones sont partout dans notre environnement. Dans l’alimentation, les ustensiles de cuisine, cosmétiques, produits ménagers, vêtements, peintures, pesticides, etc. Leur impact sur la fertilité féminine et masculine n’est plus à démontrer, mais aussi sur bien d’autres pans de la santé. Prendre le temps de creuser la question et d’assainir son quotidien pour des matériaux ou des cosmétiques plus sains est un pas de plus vers une bonne santé hormonale. 

Il est utile de soutenir l’organisme dans son travail d’élimination des toxines,  car l’on sait que les perturbateurs endocriniens font partie de notre quotidien. Pour cela, la phytothérapie et la micro-nutrition seront des aides précieuses. Le chardon-marie, le zinc et le sélénium accompagneront le travail du foie dans ce but.

Les méthodes d’observation du cycle menstruel au service du SOPK

Les MOC – Kézako ?

Ce sont des moyens que l’on peut utiliser pour connaître le moment de son ovulation. Elles se basent sur une analyse précise et quotidienne des symptômes de l’évolution hormonale, tout au long du cycle : la glaire cervicale et la température basale. Elles peuvent aider à tomber enceinte, mais aussi à éviter une grossesse.

Quelques méthodes : 

Il existe en France plusieurs méthodes d’observations du cycle (MOC) : 

  • Basées sur l’observation de la glaire cervicale : la méthode de l’ovulation Billings et la modèle Creighton (sur laquelle est basé le principe de l’association Fertility Care.).
  • Basées sur l’observation de la glaire cervicale et de la température basale : méthode d’auto-observation et la symptothermie.

Chaque méthode a sa façon d’analyser ces deux symptômes. C’est pourquoi il est intéressant de comparer les méthodes avant de se lancer afin d’être certaine qu’elle soit adaptée à soi et à son objectif : souhaite-t-on l’utiliser comme aide à la conception, pour avoir une meilleure connaissance de soi ou en tant que contraception ? Est-elle adaptée à son quotidien, notamment en termes de contrainte ?

Ces méthodes demandent un temps de formation et d’accompagnement par un professionnel formé qui va accompagner les femmes dans l’analyse de leurs cycles, grâce aux marqueurs observés tout au long du cycle : glaire cervicale, saignement, température basale, entre autres.

Quelle que soit la méthode, l’observation du cycle permet notamment : 

  • Repérer ses fenêtres de fertilité et d’infertilité
  • Comprendre son profil hormonal
  • Connaître la qualité de ses ovulations 
  • Avoir une meilleure connaissance de son corps féminin
  • Mieux connaître son fonctionnement naturel pour repérer les éventuels dysfonctionnements et être amené à consulter un professionnel de santé.

Les MOC et contraception hormonale : possible ou non ?

Ces méthodes s’adressent aux femmes qui ont un cycle naturel – irréguliers ou non. La pilule œstroprogestative sature les récepteurs de l’axe hypothalamo-hypophysaire, en donnant l’information au cerveau que nous sommes en phase lutéale durant trois semaines. En général, on fait une pause d’une semaine, ce qui va déclencher des saignements de privations en œstrogènes. Ces saignements ne sont pas des règles, mais souvent envisagés comme tel. Utiliser une méthode d’observation du cycle sous contraception hormonale serait donc biaisé.

Peut-on observer son cycle avec le SOPK ?

Savoir observer son cycle menstruel est un merveilleux atout, quelle que soit l’étape de la vie d’une femme et ses éventuelles pathologies. Se former aux méthodes d’observation du cycle permet, avec SOPK, d’être en mesure de cibler les moments propices à la conception. Sans parler d’établir un calendrier des unions sexuelles avec son partenaire, elles donnent bien souvent un peu d’air aux couples en se focalisant sur la “fenêtre idéale”. Les conseils généraux en cas de difficulté à concevoir sont d’avoir un rapport un jour sur deux. Ce qui, sur la durée, peut impacter le couple qui naturellement s’épuise et voit l’envie de se retrouver s’amenuiser.

Lorsqu’une femme repère sa fenêtre de fertilité grâce à une belle augmentation de la glaire cervicale, elle sait que c’est le bon moment. Cela lui donne aussi un repère pour savoir si ce qu’elle met en place dans son hygiène de vie et par la complémentation est efficace. Si les ovulations sont plus régulières et de meilleure qualité, elle pourra l’observer d’elle-même.

Quels compléments alimentaires avec le SOPK ?

Bien sûr, l’hygiène de vie reste au cœur de l’accompagnement du SOPK. Mais la complémentation permet de passer un cap, en ciblant certaines problématiques et en soutenant l’organisme pour qu’il soit dans les meilleures conditions pour accueillir une grossesse. 

Et le compagnon, alors ?

La fertilité, ça se partage ! Les compléments alimentaires seront tout aussi utiles pour le compagnon d’une femme touchée par le SOPK. Que ce soit en cas de spermogramme déficient ou simplement par prévention, la bonne qualité des spermatozoïdes du conjoint augmentera les chances d’une fécondation, d’une bonne implantation et réduira les risques de fausses couches. Le zinc, l’inositol, les Oméga 3 ou les mult-ivitamines pour la fertilité masculine seront toujours un plus dans ce parcours.

L’inositol 

Cette molécule est à présent bien connue dans l’accompagnement du SOPK. Elle joue un rôle important dans le métabolisme des glucides et des lipides. Les femmes touchées par le SOPK ne synthétisent pas l’inositol provenant de l’alimentation correctement. Ces carences impactent des mécanismes du SOPK tels que la résistance à l’insuline et l’hyperandrogénie. Les formes myo-inositol et d-chiro inositol sont intéressantes pour réduire les symptômes liés à l’hyperandrogénie (acné, pilosité excessive et alopécie), l’impact de ce taux élevé d’androgènes sur le cycle ainsi que sur la glycémie.

Un soutien précieux !

La vitamine D 

Cette vitamine a un rôle majeur dans l’équilibre hormonal et le système immunitaire. Une étude d’une large ampleur menée en 2012 a montré que 80 % des Français seraient en déficit, voire carencé en vitamine D (avec un taux en dessous de 30 ng/ml).

Dans le cas du SOPK, une étude a montré que plus de 70 % de ces femmes auraient une carence en vitamine D.

Il est donc important, en cas de troubles de l’ovulation et de cycles irréguliers/absents, de demander la mesure de cette vitamine en laboratoire. Avec un projet d’enfant, ses bienfaits sont multiples : 

  • Elles participent à la formation des hormones sexuelles.
  • Elle participe au développement folliculaire et donc à une ovulation de qualité.
  • Elle participe à améliorer la qualité et la durée de la phase lutéale en cas d’insuffisance (liée à un taux de progestérone bas suite à une ovulation de mauvaise qualité).

Quelques repères : 

  • Un taux inférieur à 10 ng/ml est une carence.
  • Un taux entre 10 et 20 ng/ml est un déficit et peut aller jusqu’à bloquer les ovulations. 
  • Entre 20 et 30 ng/ml, on parle d’une insuffisance en vitamine D.
  • Au-dessus de 30 ng/ml, le taux est normal.
  • En projet bébé, le taux optimal est de plus de 75 ng/ml.

En pratique, si une carence est avérée, des ampoules pourront être utiles à plusieurs reprises afin de rehausser le taux rapidement. En phase d’entretien, un apport quotidien avec un taux plus faible (2000 UI/j) de vitamine D2 sera idéal tout au long de la période de conception et de la grossesse.

Le magnésium 

Il intervient dans plus de 300 fonctions essentielles dans l’organisme ! Avec un SOPK, plusieurs études ont montré son intérêt pour : 

  • Une meilleure gestion des émotions.
  • La réduction de la fatigue.
  • Une meilleure régulation de la glycémie et de la sécrétion d’insuline.
  • Une baisse des taux de testostérone.

Une carence en magnésium favorise la résistance à l’insuline et l’on constate des taux de testostérone plus élevés que la moyenne.

Pour se complémenter, on cible les formes de magnésium qui se terminent en -ate : le citrate, le bisglycinate et le glycérophosphate de magnésium. Ce sont celles qui sont les mieux assimilées par l’organisme.

Les vitamines B

La pilule contraceptive ainsi que la consommation de tabac et d’alcool favorisent des carences en vitamines du groupe B dont certaines sont indispensables en période de conception :

La vitamine B6 : 

Elle améliore la qualité des ovulations, ce qui soutient un taux normal de progestérone en phase lutéale, indispensable pour une bonne implantation de l’embryon. Elle favorise aussi des cycles réguliers, ce qui serait une aide précieuse pour repérer ces fenêtres de fertilité !

Bonus : côté masculin, elle améliore la qualité du sperme.

La vitamine B9 ou acide folique : 

Elle est importante en dose suffisante (400ug/jour en période de conception et durant le 1ᵉʳ trimestre de grossesse) afin de favoriser une bonne implantation de l’embryon et de prévenir les malformations. Elle est nécessaire au développement du tube neural, le futur système nerveux et la moelle épinière du bébé. Une grossesse sur 1000 est concernée par le spinabifida, qui est une anomalie du tube neural, ce qui augmente le risque de fausse-couche.

Une forme assimilable d’acide folique – le Quatrefolic – sera utile en cas de mauvaise synthèse de la B9 avérée par un bilan sanguin. On parle alors de mutation du gêne MHTFR, n’hésitez pas à en parler à votre gynécologue en cas de fausse couche à répétition.

La vitamine B12 : 

Les carences sont courantes chez les personnes qui consomment peu de produits d’origines animales (régime végétarien ou végétalien notamment). Cette vitamine facilite l’ovulation et contribue à un bon épaississement de la muqueuse utérine, l’endomètre, en cas d’implantation.

La phytothérapie : 

Les plantes médicinales ont beaucoup à apporter aux femmes touchées par le SOPK et en projet bébé ! Leur galénique va varier en fonction de la plante et de l’effet recherché, alors suivez le guide !

Soutenir la résistance à l’insuline avec la berbérine : 

La berbérine, une molécule qui nous vient de l’épine-vinette, offre de nombreux bienfaits pour la régulation de la glycémie et de l’insuline. 

  • Elle améliore la sensibilité des cellules à l’insuline et réduit ainsi les risques d’hyperinsulinémie.
  • Elle aide à réduire le taux d’hormones androgènes.
  • Elle réduit le risque de fausse-couche en améliorant la réceptivité de l’endomètre.
  • Elle est une aide à la perte de poids en aidant à la régulation de la glycémie.
  • Elle atténue les fringales typiques de cette problématique.

C’est une super nouvelle pour les femmes en surpoids, car pour rappel, une perte de 5 à 10% du poids de base permet un retour des ovulations dans la plupart des cas. 

De son côté, le Gymnema sera idéal pour limiter les fringales sucrées ! Cette plante a une propriété étonnante. Elle anesthésie de manière provisoire et réversible les papilles gustatives de la langue sensible au goût sucré. Elle altère momentanément le plaisir et l’envie du sucre, tout en apportant une action hypoglycémiante.

Framboisier et onagre pour soutenir la phase fertile 

Le framboisier est une plante alliée de la femme, tout au long de sa vie. Elle soutient la fertilité en stimulant la fonction ovarienne et apporte une action régulatrice des œstrogènes et de la progestérone. Elle va aider les femmes concernées par des cycles irréguliers et des règles douloureuses. Elle est idéale en duo avec l’onagre, sous forme de capsule d’huile de première pression à froid. Cette plante améliore aussi l’équilibre hormonal, et améliore la qualité de la glaire cervicale. Si vous m’avez suivi jusqu’ici, vous savez maintenant à quel point cela est précieux ! Une bonne glaire cervicale va améliorer les chances de fécondations en guidant et nourrissant les spermatozoïdes vers le col de l’utérus. 

L’alchemille en action sur la LH : 

L’alchémille est une plante très souvent conseillée en phytothérapie féminine. Sa sphère d’action est large. Pour le SOPK, elle sera idéale pour stimuler la production de progestérone par les ovaires et soutenir la régulation du cycle menstruel  par son action sur la LH, l’hormone lutéinisante. Elle a la propriété d’inhiber la production de la LH par l’hypophyse grâce à un mécanisme de rétrocontrôle négatif. Cela va favoriser le retour des ovulations grâce à un taux de LH plus faible que celui de FSH en début de cycle, ainsi que la diminution de l’hyperandrogénie.

En conclusion : l’importance d’être bien accompagnée : 

Beaucoup de femmes touchées par le SOPK se confient encore sur leur difficulté à être écoutées et bien accompagnées par leurs professionnels de santé. Beaucoup entendent des petites phrases qui les bloqueront pour aller mieux “ Perdez du poids et ça ira mieux”, ou encore “Le SOPK n’est pas grave, revenez nous voir quand vous voudrez un enfant”, etc. La contraception hormonale est aujourd’hui la première solution donnée à ces femmes. Ce n’est pas le choix de toutes et aujourd’hui, beaucoup sont à la recherche d’une autre façon de réguler leurs symptômes et d’améliorer leur fertilité, de façon naturelle.

S’adresser à un professionnel bien formé au SOPK est indispensable. Il ne faut pas hésiter à consulter plusieurs médecins et à se faire aider par des thérapeutes formés à la pathologie, pour créer son équipe de choc ! 

Une grossesse naturelle, ou parfois avec un coup de pouce de la PMA, est tout à fait possible avec un SOPK ! Tout ce qui sera mis en place sera un grand pas en avant dans ce projet de maternité. 

Références scientifiques :

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Fanny Menou – Naturopathe et Réflexologue

Fanny Menou

Naturopathe & Réflexologue

Spécialisée en santé féminine, je vous accompagne a retrouver l’équilibre dans chaque étape de la vie ! Passionnée par la santé de la femme, l’écologie, et les plantes médicinales, je vous propose chaque mois des articles complets sur ce blog !

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